the new world of mimi-km

Bienvenue sur mon blog

 

Conte Zen : Le fiancé de la princesse 28 juin, 2007

Classé dans : Non classé — mimitomy @ 12:07

Conte Zen : Le fiancé de la princesse

Un conte illustrant l’esprit de la voie dans le Zen

Par Khoa Nguyen

D’après le recueil « En ramassant des feuilles de l’arbre Bodhi » du moine Thich Thanh Tu

Il était une fois un petit royaume où régnait un vieux roi respecté de ses sujets. Il n’avait pas de prince héritier et voulait chercher un fiancé pour sa fille de dix ans.Il fit sélectionner un certain nombre d’adolescents, plus doués les uns que les autres, les réunit dans son palais et remit à chacun d’eux un sachet de graines.

L’année suivante, au jour fixé, tous les garçons apportèrent au palais les fleurs qu’ils avaient consciencieusement cultivées.

Dans la grande salle du trône parfumée de verdure, les plantes étaient magnifiques et les fleurs superbes.

Le roi et la reine passèrent lentement en revue les rangées de pots, la mine grave et soucieuse.

Soudain ils s’arrêtèrent devant un adolescent triste et timoré, qui avait les larmes aux yeux.

— Vos Majestés, dit-il, je ne comprends pas ce qui est arrivé. J’ai demandé autour de moi de la meilleure terre et des meilleurs engrais, j’ai suivi tous les bons conseils, j’ai pris le plus grand soin de vos graines, hélas rien n’a poussé. Je suis honteux d’avoir échoué, je suis venu seulement pour ne pas jeter le déshonneur sur ma famille et sur mon village.

Le roi lui annonça gentiment :

— C’est toi le fiancé de la princesse.

Des murmures de surprise, de déception voire même de désapprobation, parcoururent la foule, mais personne n’osa contester la sentence royale.

Depuis ce jour le petit garçon vécut au palais où il reçut l’éducation d’un prince héritier.

Puis il monta sur le trône et régna longtemps.

Au soir de leur vie, la princesse qui était devenue reine lui dévoila enfin le choix de ses parents :

— Avant de mettre les graines en sachets, ma mère les avait cuites à la vapeur. Pour réussir les autres garçons avaient réparé ce qu’ils croyaient être un coup du sort ou une erreur humaine. Ils étaient certainement malins et débrouillards, ils avaient même le sens de l’initiative, ou on les avait trop bien aidés. Mais ils n’avaient pas deviné le problème de mon père : par cette épreuve il voulait trouver un fils honnête, en qui il pourrait mettre toute sa confiance, ni plus ni moins. Ensuite il aurait tout le loisir de le former, pour en faire un prince puis un roi.

Le vieux roi soupira :

— Nos parents étaient bien étranges, j’ai été choisi parce que j’ai bien répondu à la question, alors que je n’avais nulle conscience de l’existence de cette question. C’était donc un coup de dé !

La reine le rassura doucement :

— Ne te tracasse pas vainement, à leurs yeux tu étais le plus digne de tous et jamais ils n’ont eu de doute à ton sujet.

Le zen c’est cela, mystérieux et ordinaire.

De tous temps, il existe sûrement une prime à la vérité et à la sincérité.

 

 

LES CRÂNES HURLEURS 25 juin, 2007

Classé dans : Non classé — mimitomy @ 22:36

crane.jpg

Pour beaucoup de peuples primitifs le crâne était l’objet d’une terreur superstitieuse. Il y voyaient le siège de l’âme. Les chasseurs de tête conservaient le crâne de leurs ennemis comme de précieux trophées. Les guerriers scandinaves buvaient dans des crânes, car ils pensaient qu’ainsi ils héritaient des vertus martiales de leurs adversaires.

Les crânes ont toujours joué un rôle important dans les pratiques des sorcières et des magiciens. Il y a eu un procès célèbre au sujet des crânes, celui qui fut intenté en 1612 à Anne Chattox, qui commandait à toute une bande de sorcières du Lancashire. Elle fut accusée d’avoir déterré trois crânes dans un cimetière pour s’en servir dans des rites démoniques. Évidemment, elle fut pendue.

Au XVIIe siècle, une jeune fille nommée Anne Griffiths, qui vivait à Burton Agnes Hall ( le célèbre manoir où habitera plus tard Elizabeth I ), dans le Yorkshire, fut attaquée et sauvagement battue par des voleurs. Au moment où elle allait mourir, elle exprima le désir singulier que sa tête soit ensevelie dans le manoir qu’elle aimait tant. Mais son voeu ne fut pas respecté, et elle fut enterrée dans le cimetière du village. Peu de temps après les funérailles, la maison se mit à retentir des gémissements affreux, de bruits étranges et sinistres, et les portes claquèrent toutes seules. On déterra le crâne, on le scella dans un mur du manoir, et depuis lors Burton Agnes Hall connait la paix.

Burton Agnes Hall – Yorkshire, Angleterre

Un crâne qui a perdu la tête

De toutes les histoires de crânes qui courent en Angleterre, la plus singulière est probablement celle du crâne hurleur de Bettiscombe Manor, dans le Dorset. Ce château est le berceau de la famille Pinney. Au XVIIIe siècle, un Pinney parti pour les Indes occidentales et en revint avec un serviteur noir. Ce serviteur mourut très rapidement, mais avant de mourir, il fit promettre à son maître qu’il serait enterrer dans sa patrie, une île des Caraïbes appelée Nevis. Le châtelin ne tint pas sa promesse et fit ensevelir son serviteur dans le cimetière local. Assitôt, des cris effroyables s’élevèrent de la tombe et terrifièrent le vosinage. Il fallu exhumer et le rapporter dans la demeure pour obtenir un retour au calme.

Les occupants actuels du manoir, Mr et Mrs Pinney pensent maintenant que la dernière volonté du noir à été respectée et que toute cette histoire est sortie de l’imagination d’un anticaire du XIXe siècle, le juge J.S. Udal.

«Nous pensons, explique Mrs. Pinney, que le crâne a été découvert dans un tombeau celtique qui se trouvait derrière le manoir. On le transporta au château entre 1690 et 1694 et il fut considéré comme talisman. En 1897, le juge Udal qui visitait l’île de Nevis entendit parler d’un esclave qui était autrefois parti pour l’Angleterre. A son retour, le juge Udal s’imagina que le crâne appartenait à cet esclave et il écrivit un article à ce sujet dans un bulletin local.»

En fait, ce crâne, examiné par un spécialiste, se révéla être celui d’une petite fille décédée 2000 ans auparavant.

Mais la légende est tenace. Encore aujourd’hui, on dit que si on enlève le crâne il se met à hurler, et la personne qui oserait le déplacer mourrait dans l’année.

 

 

- LES TRACES DE SABOT DU DIABLE -

Classé dans : Non classé — mimitomy @ 22:30

Cette petite histoire nous se produisit le 8 février 1855 dans la campagne anglaise. Ce jour est resté gravé dans la mémoire des habitants des nombreux petits villages de la région du Devon. Bien qu’aucune preuve concrète soit restée visible de cet évènement, il y a eu plusieurs témoins, ce qui peut donner une bonne crédibilité à l’histoire.

Les marques de « sabot du diable » doivent leur nom aux villageois stupéfaits qui les ont vu apparaître du jour au lendemain alentour de leurs villages. Ce matin là, ils découvrirent dans la neige d’innombrables empreintes mystérieuses. L’énigmatique piste fesait le tour de 18 villages et se retrouvait sur plus de 160 kilomètres.

Ce qui rendait la piste vraiment mystérieuse, c’est que les traces de sabots étaient alignées en ligne droite, comme si la créature qui les avaient laissée derrière elle n’avais qu’une patte, ou marchait en bondissant un pied devant l’autre. Les traces fesaient 7 cm de largeur et 10 cm de longueur. Les empreintes se répétaient à intervalle régulier et, n’avaient laissées aucun résidus de neige alentour, comme si la neige avait été enlevée ou avait fondue. À certains endroits les traces étaient si nettes qu’ont auraient pu croire qu’elles avaient été imprimées ou encore coupées grâce à un couteau.

Accompagnés de leurs chiens et de leurs armes, certains villageois décidèrent donc d’enquêter sur ce phénomène, mais ce qu’ils trouvèrent ne fera que renforcer davantage le mystère. Ils sillonnèrent la campagne en tous sens, visitant les fermes, reliant les villages de Bicton, Powdersham, Dawlish, Totnes, Torquay et quelques autres.

En effet, les traces ne semblaient que très peu être influencées par les contraintes du terrain. La mystérieuse créature avait marchée sur les murs, sautée par dessus des maisons et traversée de murs par des fissures ou marcher par dessus des charettes remplies de foin. Le comble fut atteint lorsqu’on en découvrit à l’intérieur d’une buse de drainage de 15 centimètres de diamètre, entrant et ressortant de l’autre coté comme si l’obstacle n’avait pas existé… Les traces traversaient un estuaire et se recroisaient aussi à certains endroits, rendant presque impossible de savoir ce que pouvait bien chercher cette curieuse créature.

Les hypothèses furent très nombreuses, certains croyaient à un espèce de reptile, une outarde ou même un kangourou, mais aucune de ces explications ne tient la route. D’autant plus que la distance parcourue est vraiment trop grande pour qu’un homme puisse la parcourir en une seule nuit et nul n’est capable de sauter par dessus les murs ou de suivre le curieux trajet qu’avait suivie la bête.

En 1855, les hélicoptères et les moyens que nous aurions aujourd’hui pour faire ce genre (et encore là, il serait impossible de le faire avec autant de discrètion que celle dont à fait preuve l’insolite animal) seraient bruyant et resterais complexe. À cette époque, le ballon à air chaud motorisé venait de faire son apparition en France (1852), mais il aurait été impossible d’effectuer un tel parcour avec une telle précision. De plus, les moteurs étaient bruyants.

D’ailleurs, il ne faut pas oublier que pour compliquer toute l’histoire, les témoins ont tous déclarés que les traces ne semblaient pas avoir été faite par compression, mais plutôt comme si la neige avait été enlevée.

Il ne semble pas exister d’explication plausible à cette histoire, elle fait partie de ces récits donc la cause restera pour toujours ignorée…

 

 

Classé dans : Non classé — mimitomy @ 22:25

torture.jpg

Les Mandans étaient une tribu qui vivait en Amérique du Nord, plus précisément dans les plaines du Missouri, aux États-Unis. Ils vivaient de la chasse du bison et habitait des petites huttes de terre.

Chez les Mandans, devenir guerrier était un évènement de la plus grande importance, et pour y accéder à cette dignité suprême, le jeune homme guerrier devait présenter une endurance et un courage des plus exceptionnels. L’initiation finale se nommait « O-kee-paa » et était une cérémonie de torture rituelle d’une grande cruauté.

Pour commencer le rituel, le prétendant guerrier devait passer 4 jours sans dormir, sans boire ni manger. Ensuite, son corps était couvert de peinture de guerre, il enfilait des vêtements richement ornementés et pouvait ce présenté dans la hutte des cérémonies.

C’est à cet endroit que le chef des sorciers de la tribu lui entaillait la poitrine et les épaules avec un couteau et installaient des broches de bois sous les muscles. Le jeune guerrier avec ses plaies sanglantes était prêt à passer à la seconde étape.

Les autres sorciers attachaient alors des lanières de cuir résistantes à ces broches de bois, et le soulevait dans les airs. Pour augmenter le supplice de cette torture, ils attachaient des objets lourds à leurs jambes et ils faisaient tournoyer le corps, généralement jusqu’à l’évanouissement de l’apprenti guerrier.

On ignore combien de exactement combien de temps le jeune guerrier devait rester dans cette position, mais nous savons que certains y succombait. Cependant tout n’est pas terminé pour le futur héro, en fait, la cérémonie ne fait que commencer.

Une fois descendu sur le sol et plus ou moins rétabli, les sorciers lui remettaient une hachette avec laquelle il devait se couper lui-même le petit doigt de la main gauche. On lui attachait par la suite des cordes aux poignets et le faisait courir en rond jusqu’à ce qu’il perte totalement conscience et tombe par terre, totalement épuisé.

Un fois qu’il avait surmonté toutes les tortures, le jeune homme était nommé authentique guerrier et pouvait rentrer chez lui avec toute l’honneur qui lui était du. On ignore cependant combien de leurs guerriers ont eu à affronter cette cérémoniel, combien en sont morts reste également un mystère. D’après plusieurs historiens, cette initiation par la torture était aussi une méthode de sélection naturelle. Les plus faibles devaient mourir au cour de l’initiation alors que les plus forts dirigeraient la tribu.

C’est un peintre américain qui vécut pendant quelque temps avec la tribu qui rapporta cette coutume de torture insolite. Sans lui, le O-kee-pa serait resté inconnu de tous. D’ailleurs, l’image sur cette page est une peinture réalisée par cet homme. Selon ses dires, il a repeint fidèlement une partie de la cérémonie donc qu’il avait pu observer.

L’histoire de la tribu Mandans est très triste cependant, malgré leur bravoure et les prouesses de leurs jeunes guerriers, ils ne purent vaincre l’épidémie de variole qui frappa leur village et la majorité d’entre eux moururent. Les quelques chanceux indiens qui en échappèrent s’intégrèrent à de nouvelles tribus, laissant ainsi les traditions et la mémoire des Mandans disparaître à tout jamais

 

 

L’HISTOIRE DE L’HALLOWEEN -

Classé dans : Non classé — mimitomy @ 22:21

halloween.jpghalloween.jpg

L’halloween est probablement une des fêtes les plus populaires chez les enfants. Ces derniers vont de porte en porte, déguisés, afin de collecter des bonbons. Cette coutume ce nomme le « trick-or-treat » et est vieille d’environ 400 ans et cache, derrière les sourires et les rires des enfants, une bien sombre histoire.

À l’origine, il y a plus de 2500 ans, l’Halloween était une fête celtique et se nommait « la nuit du Samhain ». Pour les Celtes, le 31 octobre était le dernier jour de l’année, date à laquelle les âmes des morts reviennent sur terre. C’était donc la nuit durant laquelle les Celtes festoyaient, profitaient des festins que leurs procuraient la récoltes et fesaient de nombreux rituels afin de s’assurer que l’année suivante sera bonne.

Durant la nuit, les celtes étouffaient les feux de leurs cheminés et sortaient rejoindre les druides. Ils formaient alors un grand cercle autour des druides qui, symboliquement, étouffait un feux sur l’autel avant d’en enflammer un nouveau.

Ce rituel symbolisait la fin d’une année, et le début d’une autre. Les druides donnaient finalement des braises du nouveau feu à chacun des chefs de familles, qui s’en servaient pour rallumer le feu dans leurs propres foyers. Ce feu devait protéger la maison toute l’année. Pour protégé les vivants des mauvais esprits, les druides allumaient aussi de grands feux sur les collines et les Celtes qui devaient sortir le soir emportaient avec eux un navet, qu’ils avaient vidé de son contenu, dans lequel se trouvait une chandelle, préalablement allumée avec le feu sacré de la nouvelle année. Pendant les jours suivants, les Celtes festoyaient et portaient des costumes effrayants pour faire peur aux esprits.

Alentour de l’an 900, l’Église catholique decide que le 1er novembre sera la Toussain, soit, la fête de tous les Saints. En Anglais, cela se dit: All Hallow Day. La Samhain étant la veille de la Toussaint, elle se fera communément appellée: All Hallowed Even. Avec le temps, le nom de fête deviendra Halloween.

Tranquillement, la culture celte disparait mais ses traditions survivent. Les coutumes populaires de la Samhain continuèrent à se développer en Ecosse, Pays de Galles, dans certaines régions d’Angleterre et tout particulièrement en Irlande.

Nous retrouvons des traces de l’halloween en Irlande aux environs de l’an 1600. Les Irlandais sont les descendants des Celtes et sont très superstitieux. Ils croient toujours que, le soir du 31 octobre, les âmes des morts reviennent sur terre. Pour se protéger, ils installent devant chaque maison un navet vide avec une chandelle à l’intérieur. Et pour décourager les esprits d’approcher, ils taillent dans le navet un visage qui fera peur aux mauvais esprits. Les enfants sont chargés de récupérés les offrandes pour les morts, et doivent aller de porte en porte pour demander leur dû. Si quelqu’un refuse, les enfants ont le droit de lui jouer des tours, même si cela implique d’être méchant.

Entre 1846 et 1848, une importante vague de famine frappe l’Irlande. Nombreux sont ceux qui quitte le pays vers la terre promise, l’Amérique. Ces derniers s’installent donc au Canada et aux États-Unis, fesant connaître leurs traditions aux américains. Ils découvrent aussi que les citrouilles font de bien meilleures lanternes que les navets!

Les enfants à cette époque se déguisaient et revendiquaient des cadeaux aux gens qu’ils croisaient dans la rue. Encore une fois, ils se permettaient de jouer de vilains tours à ceux qui les ignoraient ou qui refusaient de payer leurs dettes envers les morts. Au fil du temps, la coutume s’est américanisée et vers 1930, les enfants allaient de porte en porte pour demander des friandises…

L’histoire de Jack-O’-lantern

Jack-O’-Lantern est probablement le personnage le plus populaire associé à l’Halloween. Il nous provient d’un vieux conte Irlandais. Jack aurait été un avare, un personnage ivrogne méchant et égocentrique. Un soir, alors qu’il était dans une taverne, le diable lui apparût et lui réclama son âme.

Jack demanda au diable de lui offrir à boire, un dernier verre avant de partir pour l’enfer. Le diable accepta et se transforma en pièce de six pence. Jack la saisit et la plaça immédiatement dans sa bourse. Cette dernière ayant une serrure en forme de croix, le diable ne pouvait s’en échapper. Finalement, Jack accepta de libérer le diable, à condition que ce dernier lui accorde un an de plus à vivre. Douze mois plus tard, Jack fit une autre farce au Diable, le laissant en bas d’un arbre avec la promesse qu’il ne le poursuivrait plus.

Lorsque Jack mourut, l’entrée au paradis lui fut refusée, et le diable le refusa en enfer également. Jack réussira néanmois à convaincre le diable de lui donner un morceau de chardon ardent afin d’éclairer son chemin dans le noir. Il plaça le charbon dans sa lanterne et fut condamné à errer sans but, jusqu’au jour du jugement dernier

 

 

L’île des Sentiments

Classé dans : Non classé — mimitomy @ 21:56

fleur7t.jpg

Il était une fois une île où tous les différents sentiments vivaient: le
>Bonheur, la Tristesse, l’Avarice, ainsi que tous les autres, l’Amour y
>compris. Un jour on annonça aux sentiments que l’île allait couler. Ils
>préparèrent donc tous leurs bateaux et partirent. Seul l’Amour resta.
>L’Amour voulait rester jusqu’au dernier moment. Quand l’île fut sur le
>point de sombrer, l’Amour décida d’appeler à l’aide. La Richesse passait à
>côté de l’Amour dans un luxueux bateau. L’Amour lui dit: »Richesse, peux-tu
>m’emmener? » « Non car il y a beaucoup d’argent et d’or sur mon bateau. Je
>n’ai plus de place pour toi ».  L’Amour décida alors de demander à
>l’Orgueil, qui passait aussi dans un magnifique vaisseau: »Orgueil, aide moi
>je t’en prie! » « Je ne puis t’aider, Amour. Tu es tout mouillé et tu
>pourrais endommager mon bateau ». La tristesse étant à côté, l’Amour lui
>demanda: »Tristesse, laisse moi venir avec toi ». « Oh…Amour, je suis
>tellement triste que j’ai besoin d’être seule! » Le Bonheur passa aussi à
>côté de l’Amour, mais il était si heureux qu’il n’entendit même pas l’Amour
>l’appeler! Soudain, une voix dit: »Viens Amour, je te prends avec moi ».
>C’était un vieillard qui avait parlé. L’Amour se sentit si reconnaissant et
>plein de joie qu’il en oublia de demander son nom au vieillard. Lorsqu’ils
>arrivèrent sur la terre ferme, le vieillard s’en alla. L’Amour réalisa
>combien il lui devait et demanda au Savoir: »Qui m’a aidé ? » « C’était le
>Temps », répondit le Savoir. « Le Temps ? » s’interrogea l’Amour. « Mais
>pourquoi le Temps m’a-t-il aidé ? » Le Savoir sourit , plein de sagesse et
>répondit: »C’est parce que seul le Temps est capable de comprendre combien
>l’Amour est important dans la Vie. »

 

 

poèmes de charles baudelaire 24 juin, 2007

Classé dans : Non classé — mimitomy @ 14:20

lavie.jpg

 

XII. La vie antérieure

J’ai longtemps habité sous de vastes portiques
Que les soleils marins teignaient de mille feux,
Et que leurs grands piliers, droits et majestueux,
Rendaient pareils, le soir, aux grottes basaltiques.
Les houles, en roulant les images des cieux,
Mêlaient d’une façon solennelle et mystique
Les tout-puissants accords de leur riche musique
Aux couleurs du couchant reflété par mes yeux.
C’est là que j’ai vécu dans les voluptés calmes,
Au milieu de l’azur, des vagues, des splendeurs
Et des esclaves nus, tout imprégnés d’odeurs,
Qui me rafraîchissaient le front avec des palmes,
Et dont l’unique soin était d’approfondir
Le secret douloureux qui me faisait languir.

The previous life

For long I have lived beneath vast porticos
That lot of marine suns tinged with full accents,
And, on eve were making their long, magnificent,
Very upright pillars, like basaltic grottos.
The swells, when rolling the images of the skies,
Mingled on their own way, solemny and mystic
The powerful concords of so rich a music
With colours of sunset reflected in my eyes.
It’s there that I used to live within so calming balms,
At middle of blue sky, of waves, of splendour
Where some nude slaves, pervaded with odours,
Were freshening my forehead with cooling palms,
And whose sole concern was to elucidating
The dolorous secret, that let me languishing.
Translated by Gilles de Seze

272508nyw7soidtgyy6xziw4lmaaoxncb2ngmaybememoriesbylarafairieh203415l.jpg

XLIII. Harmonie du Soir

Voici venir les temps où vibrant sur sa tige
Chaque fleur s’évapore ainsi qu’un encensoir;
Les sons et les parfums tournent dans l’air du soir;
Valse mélancolique et langoureux vertige!
Chaque fleur s’évapore ainsi qu’un encensoir;
Le violon frémit comme un coeur qu’on afflige;
Valse mélancolique et langoureux vertige!
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir.
Le violon frémit comme un coeur qu’on afflige,
Un coeur tendre, qui hait le néant vaste et noir!
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir;
Le soleil s’est noyé dans son sang qui se fige.
Un coeur tendre, qui hait le néant vaste et noir,
Du passé lumineux recueille tout vestige!
Le soleil s’est noyé dans son sang qui se fige…
Ton souvenir en moi luit comme un ostensoir

Harmony of the evening

Here comes the time when on its stems vibrato
Each flower is misty as a censer;
Sounds and perfumes eddy in evening air;
Melancholy waltz and languorous vertigo!
Each flower is misty as a censer;
Like a heart one grieves, shudders the cello;
Melancholy waltz and languorous vertigo!
The sky, sad and beautiful, to a large altar answers.
Like a heart one grieves, shudders the cello,
A tender heart, who loathes the vast and black Nowhere!
The sky, sad and beautiful, to a large altar answers;
In its congealing blood, the sun drowned, mellow.
A tender heart, who loathes the vast and black Nowhere,
From the luminous past, recovers every folio!
In its congealing blood, the sun drowned, mellow…
Thine memory in me like a monstrance glitters!
Translated by Gilles de Seze (november 2003)

baudel1.jpg

 

 

Charles Baudelaire (1821-1867)

Classé dans : Non classé — mimitomy @ 14:16

Son père, le peintre,Joseph-François Baudelaire mourut en 1827. Dès l’année suivante, sa mère épousait en secondes noces le commandant Aupick, que le jeune Charles détesta rapidement. Baudelaire fit ses études au lycée Louis-Le-Grand, puis s’inscrivit à l’École de Droit. Vers sa dix-septième année, il commença d’écrire ses premiers vers et de fréquenter les cabarets littéraires. En 1841, son beau-père décida de tuer dans l’oeuf ce goût de la bohème: il le fit embarquer à bord d’un paquebot en partance pour les Indes. Le 4 novembre 1841, Baudelaire refusa de poursuivre le voyage et rentra en France avec, dans ses bagages, le sonnet «À une créole» . À son retour, il put enfin entrer en possession de l’héritage paternel, et vivre à sa guise.Il s’installa alors à l’Hôtel Pimodan, dans l’île Saint-Louis, rencontra Jeanne Duval, femme de couleur qui tenait des rôles obscurs dans un petit théâtre, et mena une vie fastueuse de dandy jusqu’en septembre 1844, date à laquelle le général Aupick réunit le conseil de famille, qui désigna un conseil judiciaire chargé de veiller aux dépenses du poète. Peu après,Baudelaire publia sa première plaquette, «Le Salon de 1845». Il s’y révélait critique de génie. La brochure passa inaperçue. Il donna ensuite deux brefs essais «Choix de Maximes consolantes sur l’amour» et «Conseils aux jeunes littérateurs», ainsi qu’un second «Salon». En 1846,l’année suivante, il découvrit l’oeuvre d’Edgar Poe, qu’il décida de traduire et de présenter au public français. Il devait travailler dix-sept années à cette traduction. En 1848,il publia quelques articles dans «Le Salut Public». Une étude sur Edgar Poe paraîtra en tête des deux volumes d’«Histoires extraordinaires»,en 1856.

Entretemps,Baudelaire s’était épris de Mme Sabatier qui lui inspira plusieurs poèmes des Limbes, les futures «Fleurs du mal». Le livre fut imprimé en 1857. «Les Fleurs du Mal» furent jugées «obscènes» par la justice et leur auteur condamné à 300 francs d’amende.
Pauvre et fatigué, Baudelaire devait encore écrire «Les Paradis artificiels»,«Richard Wagner et Tannhauser», «L’oeuvre et la Vie d’Eugène Delacroix» et surtout les poèmes en prose du «Spleen de Paris». Ses vers, toujours admirables, sont comptés parmi les plus beaux de la langue française; ils ont la facture impeccable et sonore des Parnassiens, mais il vibrent d’émotion romantique, tout en ouvrant «les forêts de symboles» et de correspondances qu’affectionnent les Symbolistes.
C’est en Belgique, en 1866, que Baudelaire fut terrassé par la paralysie. Ramené à Paris, le 1er juillet de la même année, Baudelaire ne fut bientôt plus qu’un infirme privé de l’usage de la parole. Il conserva pourtant sa lucidité jusqu’à sa mort,survenue le 31 août 1867.

 

 

wiliam Black

Classé dans : Non classé — mimitomy @ 13:58

Prisons are built with stones of Law.
Brothels with the bricks of religion.
Willam Blake

***

Les prisons sont érigées avec des pavés de lois,
les bordels avec des briques de religion.
Willam Blake (traduction de Pdl)

Biography
triangle

Blake figures among many of those poets who fight for principles of equality in all forms (social, political and sexual), to liberty and to justice.William Blake (1757-1827) was born in London. Blake’s career as an engraver-poet-prophet began in earnest. Blake was politically both a Radical and a libertarian. Blake remained unswervingly committed to the principles of equality in all forms (social, political and sexual), to liberty and to justice. The American Revolution of 1775 and the Declaration of Independence in 1783 were for Blake just one example of youthful energetic rebellion against the forces of Autocratic Authority. The French Revolution of 1789 represented, for Blake, a similar irruption of necessary rebellion against the corruption of the ‘Ancien Regime’ and once again his sympathies were with the revolutionaries and supporters such as Paine (whom he helped save, in 1793, when Paine was in danger of being arrested, allowing him to escape to France).

The British war with France, 1793, and the introduction of rigorous laws of civil obedience were, for Blake, yet further instances of the hold which the forces of Authority (Church and State) held over the common people: like Wordsworth, and Shelley and Byron a generation later.

In 1800 Blake moved to West Sussex and spent nearly three idyllic years there, until the dramatic events which led to him being charged with sedition: in 1803 he was charged, at Chichester, with high treason (for being too vocal in his responses to a soldier he found urinating in his garden). That year Blake returned to London, where he lived until his death in 1827.

Blake remained unswervingly committed to the principles of equality in all forms (social, political and sexual), to liberty and to justice. Blake died in 1827, and was buried in a common grave.

Richard Dover

***

Lullaby

O for a voice like thunder, and a tongue
to drown the throat of war! – When the senses
are shaken, and the soul is driven to madness,
who can stand?

When the souls of the oppressed
fight in the troubled air that rages,
who can stand?

When the whirlwind of fury comes from the
throne of god, when the frowns of his countenance
drive the nations together,
who can stand?

When Sin claps his broad wings over the battle,
and sails rejoicing in the flood of Death;
when souls are torn to everlasting fire,
and fiends of Hell rejoice upon the slain.
O who can stand?

O who hath caused this?
O who can answer at the throne of God?
The Kings and Nobles of the Land have done it!
Hear it not, Heaven, thy Ministers have done it!

William Blake


***Biographie
triangle

Blake fait partie de cette longue lignée de poètes qui ont consacré leur vie à défendre les droits et liberté du peuple en réclamant justice et se sont dressés contre les oppresseurs.William Blake (1757-1827) est né à Londres. Graveur, peintre et poète anglais il était trop pauvre pour faire imprimer ses vers et les publia lui-même ornées de ses dessins ; aussi fut-il peu connu de son temps, mais les romantiques puis les symbolistes virent en lui un précurseur audacieux. La carrière de Blake comme graveur-poète-prophète a débuté très tôt. Blake était politiquement impliqué, radical et libertaire. Il n’admettait aucune limitation de la liberté individuelle en matière sociale, politique et sexuelle. La Révolution américaine de 1775 suivie par la déclaration de l’Indépendance en 1783 fut pour Blake un victoire exemplaire d’une nouvelle jeunesse audacieuse contre les forces de l’Autocratie. La Révolution française de 1789 représentait aussi pour Blake cette rébellion nécessaire contre la corruption d’un ancien régime et encore là il sympathisait ouvertement avec les révolutionnaires et des supporters comme Paine qu’il aida à s’évader en France.

La guerre de 1793 des Anglais contre la France et l’introduction de lois civiles rigoureuses d’obéissance prescrites par les autorités (l’Eglise et l’Etat) étaient pour Blake autant de preuves témoignant les moyens répressifs dirigés contre le peuple ; il dénonça ces abus de pouvoir à travers ses oeuvres tout comme Wordsworth, Shelly et Byron une génération plus tard.

En 1800 Blake déménagea à West Sussex .Il y passa ses trois plus belles années jusqu’au moment où il fut inculpé pour sédition.

En 1803 après une violente confrontation avec un soldat il fut accusé de haute trahison et condamné à une peine de prison.(le soldat était en train d’uriner dans son jardin). Il fut relàché en 1804. Cette année-là, Blake retourna à Londres où il vécu jusqu’à sa mort en 1827.

Blake s’est battu jusqu’à la fin de ses jours pour défendre des principes d’égalité de liberté et justice sous toutes les formes (sociaux, politiques,égalité des sexes). Liberté, égalité, justice pour tous. Blake est mort en 1827 et fut enterré dans une fosse commune.

Texte traduit par Pier de Lune (18 janvier 2000)

***

Mélopée

Si seulement une voix, si seulement des mots
plus puissants que le tonnerre
pouvaient taire les canons de la guerre!

Quand, tremblante de rage
l’âme n’est que démence
Qui se lèvera?

Quand les âmes des opprimés
luttent dans un climat de violence
Qui se lèvera?

Quand la main de Dieu s’abat sur ce monde
en une tornade furieuse,
quand d’un léger froncement
Il rassemble les nations
Qui se lèvera?

Quand le Péché déploie ses ailes immondes
au-dessus du combat
navigue allégrement sur des flots mortels
quand les âmes sont condamnées au feu éternel
quand les démons de l’Enfer applaudissent ceux qui succombent
O! qui se lèvera?

Qui osera se présenter devant Dieu?
Qui en portera l’opprobre?
Les rois et les nobles l’ont voulu!

Ecoute, Seigneur! Tes ministres l’ont voulu!

William Blake
traduit par Pier de Lune

 

 

La paix : un art, une pratique, une approche bouddhiste

Classé dans : Non classé — mimitomy @ 13:48

La paix : un art, une pratique, une approche bouddhiste

Par Thich Nhat Hanh

Nous avons des vies très compartimentées. La pratique de la méditation assise et les moments où nous ne pratiquons pas sont deux périodes que nous considérons comme étant très différentes l’une de l’autre. Quand nous sommes assis, nous pratiquons intensivement, et quand nous ne sommes pas assis, nous ne pratiquons pas intensivement. En fait, nous pratiquons la non-pratique intensive. Un mur sépare ici deux, pratique et non-pratique. Pratiquer, c’est seulement pendant la période de pratique, et non pratiquer, c’est seulement pendant la période de non-pratique. Comment pouvons-nous mélanger les deux ? Comment pouvons-nous sortir la méditation de la salle de méditation pour l’ amener dans la cuisine, ou au bureau ? Comment les moments où l’on est assis peuvent-ils influencer le temps où l’on n’est pas assis ? Si le médecin vous prescrit des piqûres, cela ne profitera pas seulement à votre bras, mais à votre corps tout entier. Si vous méditez assis une heure par jour, cette heure doit durer vingt-quatre heures entières, pas seulement une heure.

Un sourire, une respiration doivent être pour le bénéfice de toute la journée, beaucoup plus que pour ce simple moment. Nous devons pratiquer de façon à supprimer la barrière entre pratique et non-pratique.

Quand nous marchons dans la salle de méditation, nous faisons des pas attentifs et très lents. Mais quand nous allons à l’aéroport, nous sommes une tout autre personne. Nous marchons très différemment, moins attentivement. Comment pratiquer à l’aéroport et au marché ? C’est cela, le bouddhisme engagé. Bouddhisme engagé ne veut pas simplement dire utiliser le bouddhisme pour résoudre des problèmes sociaux ou politiques, protester contre les bombes ou l’injustice sociale. Avant tout, nous devons amener le bouddhisme dans notre vie quotidienne. J’ai une amie qui respire consciemment entre les coups de téléphone, et cela l’ aide beaucoup. Un autre ami fait de la méditation marchée entre ses rendez-vous d’affaires, marchant attentivement entre les immeubles du centre de Denver. Les passants lui sourient et ses rendez-vous, même avec des gens peu faciles, se révèlent souvent plaisants et réussis.

Nous devrions être en mesure d’amener la pratique de la salle de méditation à notre vie de tous les jours. Comment pratiquer pour pénétrer les sensations, les sentiments, les perceptions de notre vie quotidienne ? Nous n’avons pas affaire à eux uniquement pendant la méditation assise, mais tout le temps. Nous devons discuter entre nous sur les façons de faire. Pratiquez-vous la respiration entre les coups de téléphone ? Pratiquez-vous le sourire en coupant des carottes ? Pratiquez-vous la relaxation après des heures de dur labeur ? Ces questions sont très utiles. Si vous savez comment appliquer le bouddhisme au moment du dîner, des loisirs ou du coucher, je pense que le bouddhisme sera engagé dans votre vie. Alors cela aura un effet énorme sur le plan social. Bouddha, Dharma et Sangha deviennent l’affaire de chaque vie, de chaque heure, de chaque minute de notre vie quotidienne, et pas simplement la description de quelque chose d’éloigné.

Notre esprit ressemble à une rivière dans laquelle passent de nombreux sentiments et pensées. De temps en temps, il est utile de réciter un gatha, un petit poème pour nous ramener à la réalité du moment présent. Lorsque nous concentrons notre esprit sur un gatha, à ce moment précis notre esprit est le gatha. Le poème remplit notre esprit pendant une demi-seconde, dix secondes ou une minute, puis Si vous méditez assis une heure par jour, cette heure doit durer vingt-quatre heures entières, pas seulement une heure.

Nous pouvons rencontrer un autre gatha, un peu plus en aval. Quand je prends un repas en silence, je me récite un poème, puis je mange. Quand mon assiette est vide, je récite un autre gatha et bois une tasse de thé. Supposons que nous ayons une heure de méditation assise, suivie de cinq heures non assises, et à nouveau de trois heures de méditation assise intensive.

Quel est le rapport entre la période de pratique et la période de non-pratique, entre l’esprit de pratique et l’esprit de non-pratique ? S’asseoir est pareil à un gatha, un long gatha silencieux (peut-être pas très silencieux !). En fait, ce qui m’importe, c’est l’effet qu’a le gatha sur l’esprit non-gatha.

Un automobiliste a besoin de temps en temps de panneaux pour lui indiquer le chemin. Le panneau et la route ne font qu’un, car vous voyez le panneau non seulement là où il apparaît, mais aussi tout le long du chemin, jusqu’au panneau suivant. Il n’existe aucune différence entre les panneaux et la route. C’est ainsi que nous devrions faire quand nous pratiquons la méditation assise et les gathas. Les gathas nous aident à revenir à nous-mêmes, et dès que le poème est terminé, nous continuons le long du courant. Si nous ne réalisons pas l’unité entre les gathas et le reste de notre vie, entre les panneaux et la route, alors nous aurons en nous-mêmes ce que les Français appellent des cloisons étanches*. Cela signifie un compartimentage absolu, sans aucune communication entre les deux compartiments. Imperméable. Il y a une destination absolue entre les états d’esprit gatha et non-gatha, assis et non assis.

Comment les moments gatha peuvent-ils influer sur les moments non-gatha  ? Comment les heures assises peuvent-elles imprégner les heures non-assises ? Nous devons apprendre à pratiquer de façon ce qu’un gatha, une seule minute de méditation assise puissent influencer le reste de la journée. Chaque action, chaque pensée produisent un effet ; si je frappe dans mes mains, chaque chose en est affectée, même les lointaines galaxies.

Chaque méditation assise ou marchée aura un effet sur votre vie quotidienne, et aussi sur la vie des autres. Ceci doit être la base de notre pratique.

Lorsque nous pratiquons la méditation assise et marchée, nous devons être plus attentifs à la qualité qu’à la quantité. Il faut pratiquer intelligemment. Nous devons créer une pratique adaptée aux circonstances.

J’aimerais vous raconter l’histoire d’une femme qui pratiquait l’invocation du nom du Bouddha Amitabha. C’était une femme très dure, et elle pratiquait l’invocation trois fois par jour en utilisant un tambour de bois et une cloche et en répétant « Namo Amitabha Bouddha « une heure chaque fois. Lorsqu’elle arrivait à mille fois, elle invitait la cloche à sonner (en vietnamien, on ne dit pas sonner la cloche).Bien qu’elle ait pratiqué cela pendant dix ans, sa personnalité n’avait pas changé. Elle était toujours aussi mesquine et s’irritait tout le temps contre les gens. Un ami voulut lui donner une leçon. Un après-midi, alors qu’elle venait juste d’allumer l’encens, d’inviter la cloche à sonner trois fois et qu’elle commençait à réciter « Namo Amitabha Bouddha« , il vint à sa porte et se mit à crier : « Madame Nguyen, Madame Nguyen ! «  Elle trouva cela bien ennuyeux, car c’était son heure de pratique, mais lui restait à l’entrée à crier son nom. Elle se dit : « je dois lutter contre ma colère, aussi dois-je ignorer ses appels « , et elle continua  : « Namo Amitabha Bouddha, Namo Amitabha Bouddha, Namo Amitabha Bouddha… « 

Comme l’ami continuait à crier son nom, la colère l’oppressait de plus en plus. Elle se débattait contre elle-même, se demandant si elle ne ferait pas mieux d’interrompre sa récitation pour aller incendier le gêneur. Néanmoins elle continua à chanter, et sa lutte devint terrible. Le feu montait en elle, mais elle s’efforçait de chanter : « Namo Amitabha Bouddha. » L’homme s’en doutait et continuait de hurler : «  Madame Nguyen, Madame Nguyen ! … »

Elle ne put plus le supporter. D’un geste brusque, elle écarta le tambour et la cloche. Elle claqua la porte, arriva à l’entrée et dit : «  Pourquoi, pourquoi vous comportez-vous de la sorte ? Pourquoi appeler mon nom des centaines de fois comme cela ? « L’ami sourit et lui dit : «  J’ai juste appelé votre nom pendant dix minutes et cela vous met dans une rage pareille ! Cela fait dix ans que vous appelez le nom du Bouddha, imaginez un peu à quel point il doit être en colère maintenant ! »

Le problème n’est pas d’en faire beaucoup, mais de le faire correctement. Si vous le faites correctement, alors vous devenez plus gentil et plus agréable, plus compréhensif et plus aimant. Aussi, quand nous pratiquons la méditation assise ou marchée, devons-nous être attentifs à la qualité et non à la quantité. Si nous pratiquons seulement pour la quantité, alors nous ne sommes pas très différents de Mme Nguyen. Je pense qu’elle comprit la leçon et qu’ elle dut s’améliorer par la suite.

Octobre 2000

Thich Nhat Hanh

 

12
 
 

inconnue à cette adresse |
Mi-Ange Mi-Démon |
nympheaumans |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Mots perdus dans les temps !
| lolypop38
| EMOTIONS